Le diagramme de Gantt

Jun 15 / Sébastien Lo Presti
Inventé en 1896 par Karol Adamiecki, sous le nom d’harmonogramme, puis, popularisé par Henri Gantt (collaborateur de Taylor) en 1910, le diagramme de Gantt était originellement utilisé pour mesurer le temps passé sur chaque tâche par les ouvriers des usines.

Particulièrement utile dans le cadre d'un projet, il permet d'en représenter graphiquement les étapes et l'avancement.

Focus sur cet outil incontournable.

Diagramme de Gantt : de quoi parle t-on ?

Le diagramme de Gantt, est un outil incontournable de la gestion de projet. Il s’avère particulièrement efficace pour représenter visuellement l'état d'avancement des différentes activités (on parle généralement de tâches) qui constituent un projet.

Un diagramme de Gantt permet de représenter :
  • En abscisse : le temps (exprimé en heures, en jours, semaines, ou mois)
  • En ordonnée : les activités (ou tâches)


Chaque tâche est matérialisée par une barre horizontale, dont la position et la longueur représentent la date de début, la durée et la date de fin. Un diagramme de Gantt permet ainsi de visualiser immédiatement :
  • Les différentes tâches constituant le projet
  • La date de début et la date de fin de chacune d’elle
  • La durée estimée de chacune d’elle
  • Les éventuels chevauchements de tâche et, le cas échéant, leurs durées
  • La date de début et la date de fin du projet

Utilité du diagramme de Gantt

Dans le cadre d'un projet, la réalisation d’un diagramme de Gantt présente de nombreux intérêts :
  • Suivre son avancement
  • Bénéficier d’une représentation visuelle des différentes tâches qui le composent
  • Sécuriser l’avancement des actions et la production des livrables (résultats tangibles des actions et pouvant être évalués)
  • Pouvoir simuler l'impact d'un retard sur le reste du projet
  • Être en mesure d’affecter et de gérer les ressources associées à chacune des tâches (humaines, matérielles, financières, notamment).

Le diagramme de Gantt facilite ainsi à la fois l’ordonnancement, la planification et le suivi des tâches. Il s’avère également d’une utilité précieuse pour assurer le reporting de l’avancement du projet aux instances de pilotage.

Les étapes permettant de construire un Gantt

Cinq grandes étapes sont généralement nécessaires à la construction d'un diagramme de Gantt :

1. La première étape consiste à border le périmètre du projet


Avant de se lancer dans les premiers travaux de planification, le chef de projet devra avoir une vision la plus précise possible de la problématique et des enjeux associés au projet qui lui est confié. Ceux-ci détermineront les moyens engagés pour satisfaire les objectifs.


2. La seconde étape consiste à dresser la liste des tâches à accomplir et fixer les principaux jalons

Le projet va devoir être découpé en plusieurs tâches. Le niveau de finesse dépendra, notamment, de la nature de la démarche. Dans l’hypothèse où la solution à mettre en œuvre est connue, le recensement des tâches sera exhaustif et leur découpage assuré très finement. Dans le cas contraire, le découpage sera à ce stade assuré de façon macroscopique. Le planning pourra être affiné dès lors que les solutions auront été identifiées.

Une fois les tâches identifiées, il convient ensuite :

  • De déterminer les principaux jalons associés à la réalisation de ces tâches. Les jalons (appelé aussi "Milestone" ou encore "événement") incarnent les étapes clés du projet. Ils constituent généralement des points de passage permettant de valider l’avancement des travaux et la qualité des livrables produits. Un jalon peut par exemple être matérialisé par un Comité de Pilotage (COPIL).
  • De positionner toutes les activités dont on sait à l’avance qu’elles seront requises (points équipes, points Sponsor, etc).

3. La troisième étape consiste à estimer la durée nécessaire à la réalisation de chacune des tâches


L’estimation de la durée nécessaire à la réalisation d’une tâche est généralement ardue. Plusieurs méthodes peuvent être mobilisées :

Le recours à un expert : on parle alors d'estimation "à dire d'expert". Peut être adapté aux tâches impliquant un niveau de technicité élevé.

Le consensus d’équipe : la détermination de la durée d'une tâche peut résulter d'un simple échange au sein de l'équipe projet. La mémoire et l'expérience des membres de l'équipe peuvent parfois s'avérer suffisantes.

L’exploitation de données historiques : une démarche projet donne généralement lieu à la mise à disposition d’un document de capitalisation recensant les principaux éléments associés à la démarche conduite. Dans ce cas, la consultation de la documentation projet peut permettre d'identifier le temps alloué à une tâche analogue par le passé.

L’équation PERT. Pour ce faire il conviendra d'identifier en équipe :

  • Une durée optimiste : il s'agit de déterminer le temps nécessaire à la réalisation de la tâche si "tout va bien"
  • Une durée pessimiste : il s'agit de déterminer le temps nécessaire à la réalisation de la tâche si "tout va mal"
  • Une durée probable : qui résulte d'une estimation raisonnable des membres de l'équipe souvent basée sur la situation généralement rencontrée.


Puis, d'appliquer l’équation suivante : Durée de la tâche = (durée optimiste + durée pessimiste + 4 x durée probable)/6.
En fonction du projet conduit, l’unité de mesure retenue pour estimer la durée nécessaire à la réalisation d’une tâche pourra être exprimée en heures, jours, semaines, etc. Il conviendra de conserver la même unité pour l’ensemble du diagramme de Gantt. Une fois la durée estimée, le début et la fin estimée de chaque tâche pourra être défini.

4. La quatrième étape consiste à identifier les dépendances entre les tâches

Les tâches constituant le projet sont tantôt connectées, ou dépendantes, tantôt indépendantes. Lorsqu'elle sont dépendantes, elles doivent être réalisées dans un ordre précis ; la réalisation de l'une conditionnant en partie, voire totalement, celle de l'autre. Ainsi une action de communication, par exemple, va nécessiter un certain nombre d'actions préalables (identification des personnes ciblées, détermination des messages, du moment choisi, du canal privilégié, etc).
Lorsqu'elles sont indépendantes, les tâches peuvent être réalisées en parallèle, on dit alors qu’elles peuvent être superposées.

On distingue généralement 4 types de dépendance entre tâches :
  • Fin à fin : les deux tâches doivent se finir en même temps.
  • Fin à début : une tâche ne peut débuter que quand la précédente est terminée.
  • Début à fin : une tâche ne peut pas se terminer tant que la précédente n'a pas démarré.
  • Début à début : une tâche ne peut débuter que si la précédente a commencé.


5. La cinquième et dernière étape nécessaire à la réalisation d'un diagramme de Gantt consiste à établir effectivement le planning du projet

Le chef de projet dispose à ce stade de tous les éléments nécessaires à l'établissement effectif du planning. La date de début et de fin de projet initialement posées pourront ainsi être affinées.
Le chef de projet veillera à construire le planning en équipe, ainsi qu'à en faire valider les grands axes par les instances de pilotage du projet.

Pour réaliser un diagramme de Gantt, plusieurs outils peuvent être utilisés. Dans la plupart des cas , Microsoft Excel s’avèrera suffisant.

Se former est plus que jamais nécessaire

Diagramme de Gantt et projet Lean Six Sigma DMAIC

La construction d’un planning peut très rapidement s’avérer être un casse-tête. L’information dont dispose le chef de projet pour le constituer est généralement fragmentée et incomplète. L’ensemble des actions nécessaires à la réalisation d’une tâche n’est pas toujours connu. Par ailleurs, un projet subit généralement de nombreux aléas (changement d’objectifs en cours de route, réallocation de moyens, indisponibilité d’une ressource clé, etc).  Le séquencement DMAIC offre de nombreux atouts de ce point de vue pour simplifier la réalisation du planning du projet et en sécuriser la réalisation.

Dans le cadre d'un projet Lean Six Sigma DMAIC, le planning Gantt sera articulé autour des 5 phases du DMAIC. La durée des phases et les activités qui les composent sont standardisées. Dans le cadre d'un projet Lean Six Sigma DMAIC, un planning Gantt est généralement compris sur une durée allant de 4 à 6 mois. La durée du projet est en grande partie conditionnée par la durée d’exécution du processus étudié.

Le planning intègre les activités suivantes :
  • Points d’équipes et Sponsor
  • Revues de jalons marquant la fin de chaque phase
  • Plus généralement, toutes les activités dont on sait qu’elles sont indispensables au projet et que l’on peut positionner.


Ainsi, objectif, périmètre et planning forment un ensemble cohérent. Si une partie est revue, les conséquences sont partagées et validées en comité de pilotage (COPIL). La disponibilité des ressources ne conditionne pas le planning, c’est l’inverse. Les ambitions et les moyens du projet doivent être compatibles avec le planning standard du projet. En outre, le planning devient l’affaire de tous : le chef de projet et son équipe, le sponsor et les autres membres du comité de pilotage. Les points équipe, les points sponsor et les comités de pilotage assurent une forte dynamique.

Le chef de projet peut focaliser son énergie sur l’animation de l’équipe et sur le bon déroulement des travaux.

Rappelons que le recours au séquencement DMAIC n'est pas adapté aux projets de déploiement dans le cadre desquels la solution à implémenter est connue d'avance et constitue une donnée d'entrée.
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À propos de l'auteur

Sébastien Lo Presti
Passionné par les sciences sociales, la gestion de projet et le management de la qualité.

Animé par la volonté de partager et de transmettre des connaissances.

Je suis par ailleurs cofondateur de Lean en ligne, organisme de formation spécialisé en Excellence Opérationnelle.