Gestion de projet, les intérêts d'un cadrage minutieux

Mar 17 / Sébastien Lo Presti
Les activités nécessaires au cadrage d'un projet sont parfois perçues, notamment par les sponsors ou les managers, comme chronophages et inutiles.

Pourtant si l'exercice requiert effectivement rigueur et formalisme, il peut, contrairement aux idées reçues , faire gagner un temps précieux.

Un problème bien posé est à moitié résolu

Charles Kettering

Qu’appelle-t-on un cadrage projet ? Et pourquoi est-ce indispensable ?

Comme le terme le laisse entendre, le cadrage d’un projet va concourir à poser le cadre, et donc, les limites d’une démarche projet.
Le cadrage d’un projet constitue ainsi une façon opérante de partager et de faire partager à toutes les parties prenantes d’un projet la même compréhension d’un problème, les objectifs et moyens alloués à sa résolution, les limites de la démarche.
Pour le chef de projet il s’agit d’un moyen pratique pour engager et responsabiliser les acteurs. Celui-ci n’est pas seul responsable de la bonne réussite de la démarche, chacun s’engage à fournir les moyens nécessaires à l’atteinte de l’objectif, par ailleurs formellement formalisé.
En outre, la détermination d’un objectif clair permet d’en mesurer factuellement l’atteinte.

Les principaux éléments à intégrer dans le cadrage

Un cadrage projet est généralement construit autour de deux axes :

Un axe problématique et enjeux consacré aux parties :

  • Problème et opportunité : visant à définir quel est le contexte, qu’est-ce qui ne fonctionne pas, quand le problème a commencé, où se produit-il, etc.
  • Périmètre : visant à définir formellement ce qui est compris et exclu du champ du projet.
  • Mesure de performance : visant à fixer l'indicateur permettant de matérialiser le problème et de valider l'atteinte de l'objectif.
  • Objectifs : visant à décrire les attendus concernant l’amélioration souhaitée.
  • Impacts attendus : visant à déterminer les gains escomptés par la démarche. Qu’il s’agisse de gains financiers ou non.
  • Contraintes financières : visant à fixer les limites financières de la démarche : budget, effectifs, possibilités d’investissements, etc.


Un axe moyens engagés, consacré aux parties :


  • Comité de Pilotage : visant à identifier les membres de l’instance de pilotage du projet (Comité de Pilotage ou COPIL), et permettant d’en définir les modalités d’organisation (durée, récurrence, attentes vis-à-vis des participants, etc).
  • Membres de l’équipe projet : visant à déterminer les participants au projet, les modalités selon lesquelles les travaux seront conduits, les attentes vis-à-vis des participants.
  • Planning prévisionnel : visant à poser les principaux jalons macros de la démarche, et à prépositionner toutes les activités pouvant être programmées à l’avance (groupes de travail, COPIL, point sponsor, notamment).
  • Risques principaux : visant à l’identification des principaux risques associés à la conduite du projet, ainsi, que, pour chacun des risques identifiés des actions préventives et des modalités de suivi associées.


La charte projet est le document au travers duquel le cadrage est effectivement matérialisé. Elle concrétise l’engagement réciproque entre le sponsor et le chef de projet sur les attendus et les moyens.

Se former est plus que jamais nécessaire

Les écueils d’un mauvais cadrage

Bien comprendre ce qu’implique le cadrage d’un projet, c’est immédiatement saisir quels sont les écueils d’une absence de cadrage, ou d’un cadrage insuffisant. En voici, sans prétendre à l'exhaustivité, quelques exemples concrets :

Mauvaise caractérisation du problème à l’origine de la démarche. Qui traduit en pratique un risque fort d’élaborer des solutions inappropriées.

Impossibilité à définir un objectif atteignable. La démarche débouche ainsi sur un résultat impossible à appréhender.

Mauvaise définition du périmètre du projet engendrant des efforts inutiles. Il n’est pas rare en l’absence d’un cadrage méticuleux de se trouver après plusieurs semaines, voire plusieurs mois, de projet, confrontés à des désaccords sur un point devant ou non être effectivement instruit.

Implication insuffisante de certaines ressources pourtant clés. Nous l’avons dit le cadrage d’un projet concourt à la formalisation d'un engagement réciproque entre les acteurs. Chacun est ensuite tenu de se mettre en capacité de répondre aux engagements pris. Il est alors plus difficile de se voir contester l’allocation d’une ressource, ou encore d’un budget nécessaire à l’atteinte des objectifs fixés, partagés, et validés par tous.

Tous ces écueils ont des répercutions budgétaires directes ou indirectes pour l'organisation, certaines pouvant même s'avérer majeures.

Focus sur quelques outils permettant de réaliser une note de cadrage

Plusieurs outils vont permettre de réaliser un cadrage projet efficace, en voici quelques uns parmi les plus caractéristiques :

Le SIPOC : qui va permettre de brosser une description macro du processus concerné par le projet. Le terme SIPOC renvoie à l'acronyme :

  • Suppliers (fournisseurs)
  • Inputs (entrées)
  • Process (processus)
  • Outputs (sorties)
  • Customers (clients)


Le In/Out
: outil visuel et simple qui va permettre de matérialiser :

  • Ce qui rentre dans le champ d’application du projet (IN)
  • Ce qui est hors du champ d’application du projet (OUT)


Le QQOQCP : outil incontournable de la qualité, le QQOQCP, permet de poser le problème, via les questions :

  • Quoi : quel est le problème ?
  • Qui : quelles sont les personnes concernées et impliquées par celui-ci ?
  • Où : où le problème se passe-t-il ?
  • Quand : quand, dans quelles conditions et à quelle fréquence se produit-il ?
  • Comment : comment le problème a-t-il été découvert, sous quelle forme se matérialise-t-il ?
  • Pourquoi : pourquoi la situation rencontrée est-elle problématique ?


Le SMART : qui permet de définir l'objectif du projet. L’acronyme SMART renvoie à :

  • Specific (spécifique)
  • Measurable (mesurable)
  • Achievable (atteignable)
  • Relevant (aligné)
  • Time Bound (borné dans le temps).


Enfin, le diagramme de Gantt
: qui va permettre de formaliser un macro planning prévisionnel des travaux.

À propos de l'auteur

Sébastien Lo Presti
Passionné par les sciences sociales, la gestion de projet et le management de la qualité.

Animé par la volonté de partager et de transmettre des connaissances.

Je suis par ailleurs cofondateur de Lean en ligne, organisme de formation spécialisé en Excellence Opérationnelle.
Write your awesome label here.